Des costumes fidèles à l'histoire
Les costumes portés par le Groupe Gallo Breton Le Grand Staobin sont de véritables reconstitutions historiques. Ils reproduisent fidèlement les vêtements portés par les paysans de l’ancien Comté de Rennes entre 1830 et 1870.
Cette reconstitution est le fruit des recherches menées entre 1935 et 1937 par Simone Morand (1914-2001), ethnologue, musicienne et fondatrice du groupe. Passionnée par le patrimoine breton, elle a recueilli témoignages, documents et observations afin de préserver la mémoire des costumes traditionnels de la région.
Les vêtements étaient autrefois confectionnés dans une étoffe appelée berlinge, connue sous le nom de tiretaine dans le pays de Fougères. Ce tissu, mêlant laine et chanvre, était tissé directement dans les fermes. Soucieux d’authenticité, le Groupe Gallo Breton a fait reproduire ces tissus par des artisans tisserands afin de retrouver l’aspect et la qualité des étoffes d’origine.
Le costume féminin
Le costume féminin se distingue par l’élégance de ses lignes, la richesse de ses couleurs et le soin apporté à chaque détail.
Il se compose d’une longue jupe ample, montée avec de grosses fronces en « tuyaux », réalisée dans une étoffe unie ou à rayures aux couleurs vives : violet, rouge, marron ou vert. Un pli religieux termine délicatement le bas de la jupe.
Par-dessus est porté un tablier à bavette. Selon les modèles, celui-ci est rayé lorsque la jupe est unie, ou uni lorsque la jupe est rayée, créant un équilibre harmonieux entre les différentes pièces du costume.
Le buste est maintenu par un casaquin, corselet noir en drap de laine, lacé sur le devant.
Autour du cou est noué un mouchoir, petit châle plié puis fixé au corselet. Ces mouchoirs provenaient de Provence et étaient rapportés par les marcelots, marchands ambulants qui parcouraient les campagnes pour vendre leurs marchandises.
Les poignets sont ornés de sous-manches, ou manchettes, tricotées puis brodées au point d’épine dans des teintes de rouge, noir, jaune et violet.
Sous cet ensemble, les femmes portaient une grande chemise de toile de lin, à manches retroussées et large col montant à coulisse. Elle était complétée d’un jupon rouge, d’une longue culotte fendue et de bas de laine blancs, offrant confort et protection au quotidien.
La catiole, coiffe emblématique du pays rennais
La coiffe traditionnelle portée par les danseuses est la catiole, considérée comme la coiffe mère du pays rennais. Réalisée en fine toile de batiste, elle peut atteindre 1,20 mètre d’envergure.
La coiffure demande un véritable savoir-faire. Les cheveux sont roulés à la base du cou et maintenus dans une résille. Un bonnet, appelé serre-tête, permet ensuite de former le chignon en taope, sur lequel vient se fixer la coiffe.
Ses ailes sont ensuite rebrassées, c’est-à-dire relevées puis fixées sur le dessus de la tête.
Les danseuses du Groupe Gallo Breton portent traditionnellement la catiole très plate, à la manière des laitières de la région, qui devaient transporter des pots sur leur tête.
En période de deuil, la coiffe était portée débrassée, les ailes retombant de chaque côté du visage. Le tablier et le mouchoir de cou étaient alors remplacés par des pièces de couleur naturelle, l’absence de couleur symbolisant le deuil.
Le costume masculin
Le costume masculin présenté par le Groupe Gallo Breton est celui du dimanche des riches fermiers du bassin rennais.
Il comprend des braies, pantalon court à pont confectionné en tiretaine, généralement de couleur marron, bleue ou noire.
Les hommes portent une grande chemise de toile de lin blanc, reconnaissable à son très large col.
Par-dessus prend place un gilet breton croisé, tissé en écru, agrémenté d’un revers coloré et d’un double boutonnage.
La tenue est complétée par une veste de laine noire ou marron appelée touron, dont le dos est plus long et arrondi.
Autour du cou est noué un grand mouchoir de Cholet, porté sous le large col de la chemise.
La silhouette est immédiatement reconnaissable grâce au spectaculaire haut-de-forme évasé, confectionné en peau de castor (taupé), particulièrement en vogue au milieu du XIXᵉ siècle.
Enfin, les jambes sont protégées par des houzeaux, guêtres de toile de lin naturelle fermées par des boutons et des lacets.
Le costume enfant
Jusqu’à l’âge de sept ou huit ans, filles et garçons portaient sensiblement la même tenue.
Ils étaient vêtus d’une robe similaire à celle des femmes, recouverte d’un tablier-sarrau et complétée d’un bonnet rond.
Le bonnet des garçons se distinguait toutefois par l’absence de fond, laissant passer les cheveux attachés en queue de cheval. Cette particularité constituait une manière originale de différencier les garçons des filles.
Les petites filles portaient quant à elles un tablier à bavette associé à une chemise à collerette. Ce n’est qu’à partir de leur première communion qu’elles adoptaient le costume féminin des adultes.
Un patrimoine vivant
Bien plus que de simples vêtements de scène, ces costumes racontent l’histoire d’un territoire, de ses habitants et de leur mode de vie au XIXᵉ siècle. Chaque tissu, chaque coupe, chaque broderie et chaque coiffe témoignent d’un savoir-faire transmis au fil des générations.
En les portant aujourd’hui lors de ses spectacles, de ses animations et de ses représentations, le Groupe Gallo Breton Le Grand Staobin perpétue avec fierté un patrimoine vestimentaire exceptionnel et contribue à faire vivre la mémoire du pays rennais.






